Les marginalia des manuscrits gothiques

mardi 11 octobre à 19h
Tarifs : Adhérent : 8 € , Non-adhérent : 10 €

Scène marginale, Heures à l'usage de Metz, Metz, Bibliothèque municipale, ms. 1588, 14e s., f° 121 © Bibliothèque municipale de Metz

Au cours du XIIIe siècle, la mise en page des manuscrits évolue : le texte devient moins dense et des motifs glissent des initiales vers la marge. Cette dernière se trouve très vite animée d’un riche répertoire iconographique : musique, loisirs aristocratiques (chasse, jeux, amour courtois, tournois), rite chrétien, figures littéraires comme le rusé goupil Renart, animaux, hommes difformes et hybrides. Les images marginales, ou marginalia, puisent leurs thèmes dans la culture médiévale.

Dans cet univers excentré et excentrique, le désordre règne : gesticulations des hommes, parodies animales ou encore êtres défiant l’ordre de la création. Le thème central est le corps de l’homme, reflet de l’ordre du monde, vecteur de salut mais aussi obstacle…

L’emplacement même de ces images est lourd de sens et renvoie à la conception médiévale du monde, réparti entre un centre et sa périphérie. Le centre, lieu de l’ordre (l’église, la ville, la Chrétienté,…) s’oppose en tout à la marge, lieu privilégié d’expression de l’étrangeté, de l’anormalité, de l’autre (la forêt, les frontières, le bout du monde,…).

Ces images se trouvent principalement dans les ouvrages destinés à la dévotion des laïcs, et servent, paradoxalement, un discours d’ordre.

Par Lucie Blanchard, historienne de l’art

Rendez-vous mardi 11 octobre au Centre d’animation du Grand Parc, 36 rue Robert Schuman – Bordeaux, à 19h.